août 26, 2020

Quand je suis arrivée sur le marché de la photographie il y a 10 ans, je montre timidement mon travail à des photographes qui ne m’encouragent pas vraiment à poursuivre et en faire mon métier. Et puis, il y a aussi les croyances de notre famille  » tu ne réussiras jamais  » « Tu as raté ta vie parce que tu n’as pas fait d’étude ». Bla bla bla. Oui j’ai envie de dire bla bla bla :-). On m’a renvoyé sans cesse toute la violence de mon enfance de ne pas avoir eu l’opportunité des faire des études. « Tu ne seras jamais photographe, tu n’as pas de diplôme, tu ne feras rien de ta vie ». Autant vous dire, que des claques j’en ai pris. Et bien justement, parce que je n’avais pas de diplôme, parce que c’était impossible, je voulais le rendre possible.

Je suis Johanna Cavel. Je suis artiste pluridisciplinaire. Je suis photographe, je peins, je dessine, je joue du piano, je suis également écrivain. Je suis née dans une famille modeste, une famille dans laquelle, il m’a toujours manqué une partie de moi, connaître l’amour d’une mère. Une mère que j’ai cherché pendant 35 ans. Sans vraiment le savoir j’ai grandit avec un handicap, celui d’avoir grandit dans un environnement toxique. L’enfance, quand on est en marge, c’est toujours un moment compliqué de la vie. Se sentir  » différent  » de ne pas grandir dans une famille aimante. Se sentir honteux de grandir à un endroit qu’on a pas choisit. Je n’ai jamais voulu le voir comme une période triste de ma vie. A vrai dire, j’avais toujours cette joie de vivre qui me poussait à aller aux bout de mes rêves. Cette enfance solitaire, m’a permis de développé ma créativité. Je me sentais différente, sans vraiment me sentir différente.  A vrai dire ce sont les regards des autres qui m’ont fait sentir différente. Ce sont les paroles humiliantes que l’on vous renvoie sans cesse, d’avoir une famille  » bizarre » qui m’ont fait sentir différente et en décalage. Parce que je n’ai jamais eu la sensation de l’être. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu ce regard déterminé. De transformer cette douleur en force. Quand j’ étais enfant, souvent dans ma chambre, je construisais la vie que je voulais. Mes rêves d’enfant, je les ai toujours tenu très fort. Je les ai toujours gardé dans mon cœur et dans ma tête, sans vraiment savoir où la vie me mènerai. Elle a été remplit de belles surprises. J’ai fait en sorte de réaliser des choses qui me tenaient à cœur ce qui a motivé mon existence. Je voulais faire exister une phrase  » puisque c’est impossible, je vais le rendre possible », pour toutes les personnes après moi. Pour tous les enfants qui ont grandit au sein d’une famille d’accueil, où à la DASS.

Je fais le pari en 2010 de vivre de ma passion et cela m’a conduit a participé à plusieurs reprises aux championnats du monde de la photographie. On m’a souvent eu dit  » Ça existe les championnats du monde dans la photo ? « . Oui ! Le foot est beaucoup plus médiatisé, mais dans la photo, ce championnat existe aussi. Comment cela se passe ? Nous présentons des images de notre travail personnel, et un jury international note nos images.  Le pays qui remporte le plus de point détermine son classement. En 2015, la France termine 7e au rang mondial, et une de mes photos est notée à la 5e place, catégorie portrait. Je suis pourtant autodidacte dans mon métier. Et même si je me suis formée auprès de grands photographes, ma créativité devient alors ma grande force. De ne pas avoir pu faire d’école, je deviens touche à tout, et ma curiosité débordante, me fait sortir du cadre.

Ne pas se sentir  » légitime « . Voilà quelque chose qui pendant des années m’a poursuivi. Ne de pas trouver ma place, jusqu’à que la vie et l’envie me décoiffe, me pousse, à monter les marches d’un podium prestigieux, le rang mondial, parmi tant d’autres prix remportés. Ce n’est qu’un parcours parmi tant d’autres, et à vrai dire même si mes rêves sont loin d’être terminés, ce n’est que celui d’un bout de femme déterminée. Une vie pleine de rebonds ! Essayez la routine, elle est mortelle ! Prendre avec philosophie et beaucoup de gratitude, des moments de joie, et parfois de grandes tristesses de vivre des échecs, m’ont fait vivre tant d’expériences enrichissantes !

Si je pouvais aujourd’hui faire passer un message, qu’importe d’où vous venez, qu’importe où vous êtes nés, vous avez tous un talent. Une différence est une singularité. Vous êtes beaux. Dansez, criez, soyez en vie et riez !

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